Comment exister dans la machine à laver ?

Comment exister dans la machine à laver ?
L’Homme et le système
 
« Je suis tellement épuisé que j’ai l’impression de sortir d’une machine à laver » me disait un ami après son travail.
 

 

Tout système, toute organisation, est forcément inadapté à chacun : un peu comme les fauteuils ‘ergonomiques’, construits selon les mesures moyennes d’une population, et ne correspondant à aucun individu.
C’est un équilibre subtil au jour le jour, pour se maintenir dans le flux permanent de la machine à laver, et trouver le juste milieu pour exister, se préserver et s’épanouir dans le flot. Le mouvement de la machine à laver peut nous faire grandir, mais risque aussi de nous éloigner de nous-mêmes.

 
Dans un environnement contraint, sous pression, incertain :

Comment trouver ses marges de manoeuvres pour être efficace, durablement ?
Comment respirer, exister, s’épanouir dans la machine à laver ?
Comment exister en dehors, se ressourcer : se remettre de l’agitation, de l’addiction au tourniquet permanent (rythme des sollicitations, « on a besoin de moi = je suis important »), apprécier ce qui est moins intense, retrouver son rythme personnel  ?

 

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Le Focusing, basé sur la pleine conscience, permet de cultiver le lien à soi-même et d’accéder à toute notre intelligence : rationnelle et sensible : émotions, intuitions…
Méthode d’intégration immédiate de notre état intérieur (énergie, motivations, intuitions etc.) et des situations extérieures dans lesquelles nous sommes plongés.

 

-> Pour se mettre dans les meilleures conditions : déployer ses talents et connaître ses limites, gérer son stress,
-> Pour prendre en compte notre état d’énergie, nos tensions internes et être plus apaisé face aux autres, moins en réaction
-> Pour rester ouvert à une vision plus large de notre situation, de nous-mêmes, de nos objectifs et prendre ainsi les bonnes décisions.

Humanité augmentée ou refusée ?

Humanité augmentée ou refusée ?

 
J’ai longtemps tenté de me fuir moi-même – et je continue souvent !
Notamment quand je ne me sens pas bien, que je m’ennuie… Relations, lecture, musique, télé, frigo, travail… tout est bon pour me distraire et me soulager par l’extérieur.
Les militaires sont en train d’inventer des pilules pour supprimer les émotions, de peur etc., qui perturbent au combat. Combien de professions intenses se dopent pour supporter ?
Nier l’humanité pour enfin mieux profiter… de quoi ?
Efficacité, performance pour avoir de la liberté, du plaisir.
Quelle illusion !
Quand la ‘course à l’échalotte’ s’arrêtera-t-elle ? Et comprendrons-nous que plus de performance et de stress mènent… à la même chose!

 
 » La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence.  » (Gandhi)
 
De l’autre côté, on sait que la créativité est générée par le mouvement, les stimulations sensorielles. Le cerveau, sans le corps, dépérit très vite.
Le M.I.T. développe depuis les années 90 la Théorie U pour répondre aux défis auxquels est confrontée l’humanité. Et que notre système éducatif, fondé sur le passé, n’intègre pas – voire contribue à un fonctionnement qui a généré ces défis ! La Théorie U est un processus individuel et collectif pour développer l’accompagnement de l’émergence de solutions, en lien avec les situations, les personnes, et nos ressources profondes*.
Comment se connecter profondément aux situations, aux autres, à soi-même, avec ouverture et créativité ?
 
Notre corps serait ‘l’antenne’ la plus sensible pour ressentir le ‘champs’, ce qui est là et a besoin d’émerger. En permettant une connexion plus complète à nous-mêmes, aux situations, aux autres, l’intuition immédiate et vivante, en phase avec la dynamique et l’impermanence de toute situation. C’est une ressource fondamentale.
 

Pourquoi s’en priver ?

 
 Lieu de vie, sens de la vie (Laborit :  » La seule finalité d’un être c’est d’être. « ). Nourrir – des plantes, des animaux… – prolonge notre vie.
Se nourrir soi-même de son corps : moyen d’accès à la vie, notre vie, la vraie, pas le ‘cinéma’ du cerveau mental se rêvant sans corps – et donc sans vie, sans plaisir !
 
Alors comment…
Nous connecter mieux à notre corps, le sentir, nous sentir nous-mêmes ?

Sentir son corps et non se battre contre.

Ouvrir notre quotidien à l’intuition, la créativité, hors performance?

Soyons sérieusement fous et non follement sérieux !

Aimer cette vie telle qu’elle est, nous ouvrir à nous-mêmes, aux autres ?

Activement passifs plutôt que passivement actifs (s’écouter plus que contrôler).

 
*Voir : https://www.presencing.org/#/aboutus/theory-u (en anglais)
ou http://www.generation-presence.com/contenus/theorie-u-en-detail (en français)
 

Parasite ou Symbiotique ?

Parasite ou Symbiotique ?

 
Quand j’étais petite, je voulais sauver le monde en devenant médecin sans frontières, puis plus tard en allant creuser des puits en Afrique, car à quoi bon soigner si les gens ne sont pas alimentés ?
 
Puis, avec l’adolescence et ses souffrances… en me sauvant moi-même : car comment savoir ce qui est bon pour les autres si moi-même je souffre ?

 
Ce qui était déjà problématique à l’échelle de la terre l’est encore plus aujourd’hui. Et on risque le crash
 
Mais… beaucoup sont conscients aujourd’hui, des initiatives, des systèmes existent, qui MARCHENT. Qui permettent d’exister, heureux, en bénéficiant du confort, et en même temps de revitaliser les écosystèmes (et les humains au passage !). De relier humain, nature et technique.
 
C’est une joie, une opportunité inespérée !
 
Alors comment passer d’une économie extractive basée sur l’extraction des ressources de la terre à une économie symbiotique, fondée sur la circularité des ressources et l’augmentation de l’information ?*

=> Aider la nature à faire elle-même ce qu’elle fait en plus efficient, pour utiliser des productions des écosystèmes plutôt que des ressources issues de l’extraction ?
=> Favoriser le fonctionnement de pair-à-pair, l’horizontalité, les gouvernances coopératives plutôt que les organisations pyramidales centralisées et gigantesques ? Avec des outils et pratiques open-source internationaux au service des réalisations locales ?
=> Développer l’usage plutôt que la propriété des biens : réparer, améliorer – plutôt que remplacer ?

Comment pouvons-nous contribuer, ici et maintenant, dans notre vie de tous les jours, au sein de nos organisations au travail, dans nos engagements associatifs pour aller vers une économie symbiotique ?

Je me demande moi-même tous les jours comment y arriver.
Si tous les êtres humains se posent cette question au même moment… on va y arriver !
 

*Comme nous y invite Isabelle Delannoy dans son livre « L’économie symbiotique » (Actes Sud, 2017)
fr.symbiotique.org
Aider la nature, fonctionner en pair-à-pair, utiliser plutôt que posséder…
ça nous inspire quoi au quotidien, et dans nos organisations ?

2018, Année de l’Arbre

2018, année de l’Arbre

 

Pour une année reliée
… à soi
… aux autres
… à l’écosystème vivant, minéral…

Les arbres
Vivent des centaines d’années

Jouent collectif pour une meilleure résilience

Partagent leurs ressources et leur informations, reliés entre eux par un grand réseau sous-terrain, comme une toile, ou un grand cerveau 😊

Vivent en symbiose avec de multiples organismes

Créent un milieu favorable au sein des forêts : arrêt du vent, régulation de la température et de l’humidité, purification de l’air, stockage et gestion de l’eau…
 

Collectif, reliés, en symbiose, en milieu favorable
ça nous inspire, nous les humains ?

Leçon de jazz !


Leçon de Jazz

 
 
 
 
Alors le plus important, en jazz, c’est le rythme !
Si on est en rythme, ça va… On peut jouer ensemble, se suivre, les interactions sont ok.
 

Ensuite vient la mélodie. Seulement après ! Si on joue faux mais en rythme, ça marche ! Juste, mais décalé rythmiquement… aïe !
Quelles notes au vu de l’harmonie ? La structure harmonique qui sous-tend tout le morceau. Le contexte, quoi !
La mélodie doit être en lien avec ce contexte. Le reprenant, ou décalée, mais volontairement !
 
Enfin vient
l’attitude. La posture. Comment on assume ou pas ce que l’on fait. D’où ça vient (si possible, du cœur ! Virtuosité sans sensibilité, bof !)
La connexion avec l’émotion, tout donner, être là – la présence…
Si la note est fausse, disait Miles Davis, continue de la jouer, affirmée : on pensera que c’était exprès !
 
La fausse note comme début d’une aventure créative… voilà qui a révolutionné ma vision du travail !
Pour moi qui avait une éducation musicale très stricte en violon classique… où l’on traque la ‘fausse note’ et la différence de son entre les cordes… jouer juste et régulier, objectif fantastique et inatteignable pour moi !
Et voilà qu’en jazz… le dissonant, ‘fausses notes’ et compagnie s’invitent joyeusement !
 
Métaphore appliquée au projet :
– Le rythme : coordination entre les actions
– La mélodie, sa justesse : qualité de chaque action.
Action parfaite et/ou dans les temps ?
– L’attitude : la posture, assumer, être là ! Présence, donner tout avec cœur, bonne
volonté
 
Chacun fait des ‘solos’ (improvisation)…
…coordonnés avec les autres (interactions, coordination)…
…et en lien avec la structure (cohérence du projet par rapport à l’organisation, respect des règles et processus globaux : ‘l’harmonie’ globale).


 

Rythme, mélodie, attitude…
Ça vous inspire quoi dans votre contexte ?

 
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